Créations, rencontres, départ

Notre but au long de ce voyage était de rencontrer des personnes qui font de l’artisanat traditionnel mongol. Nous avons donc démarré notre aventure dans la ville d’Altaï où se trouve une coopérative de femmes qui travaillent le feutre et exportent même leur travail vers la Suisse.

Mais avant de rencontrer les dix femmes d’Artis Altaï, nous avons pris connaissance d’une information importante pour ce projet : l’artisanat mongol n’est pas une pratique traditionnelle. En effet, Irène, co-fondatrice de Mary et Martha, une association qui promeut l’artisanat mongol à Oulan-Bator, nous a fait comprendre que cette pratique était récente et destinée aux étrangers. Les créations combinent des motifs mongols traditionnels à des objets modernes comme des sacs ou des pantoufles. Cette activité, comme dans les cas de la coopérative d'Altaï, permet de sortir ces travailleurs d’une situation généralement précaire en leur donnant une nouvelle clientèle, plus apte à dépenser que les locaux. A multiples reprises, nous avons été les victimes de ce markéting destiné aux touristes, c’était parfois difficile de s’intéresser au travail de ces artisans sans devoir acheter une troisième ou quatrième trousse de toilette. L’artisanat mongol restait tout de même très intéressant à nos yeux pour ses vertus artistiques ainsi que pour sa capacité à améliorer la situation économique de nombreux citoyens mongols. Nous avons donc continué sur notre piste !

Nous sommes arrivés à Altai un matin de juillet après 22 heures de bus mouvementées. On a rapidement trouvé l’atelier des femmes et elles nous ont directement accueillis avec du thé et du fromage blanc de mouton. Il y avait une ambiance dynamique où chaque artisane tenait son poste. A cette période, elles confectionnaient des figurines en feutre au thème de Noël, c’est une preuve, d'une part, que ces objets sont destinés à une clientèle occidentale, et d'autre part, que cette association maintenant indépendante était le produit d'une mission caritative chrétienne. Le contact était un peu compliqué car nous ne parlons pas le mongol mais grâce au langage des signes et leurs quelques mots d'anglais nous avons pu échanger sur la vie de ces artisanes. Elles nous ont expliqué comment était leur vie avant la création de la coopérative, elle nous ont dit que c'était “bien mieux maintenant”. Elles nous ont ensuite montré comment elles travaillaient, nous les avons suivis dans chaque étape de la création de ces figurines, en partant de la laine de mouton et en passant par la coloration du feutre pour ensuite terminer avec le montage des poupées. Nous avons aussi eu le plaisir de voir leurs autres créations : bijoux, sacs, colliers et même des petites yourtes, le tout en feutre évidemment. L’étape ultime de cette visite a été la rencontre avec une dame prénommée Altaï, du même nom que sa ville. Altaï parlait anglais et a pu traduire nos dernières questions qu’on a pas su faire passer aux artisanes. Elle faisait partie d’une association caritative coréenne qui aidait la coopérative parfois avec l’expédition de leurs produits et connaissait aussi d’autres artisans dans le Nord-ouest du pays, dans la province de Khovd. C’était justement la région vers laquelle nous voulions nous diriger en vélo. Nous ferons donc quelques rencontres intéressantes grâces aux connaissances d'Altaï.

Le lendemain, vélos enjambés, nous étions partis pour Khovd, avec devant nous 440 km de désert et montagnes.