Un voyage et une route qui se déroulent

La particularité de l'aïmag (province) de Gobi-Altaï est de se trouver à la fois dans le désert du Gobi, immense étendue plate et aride et d’être entourée par la chaîne de montagnes la plus haute du pays, l’Altaï. Nous nous sommes très vite rendu compte du contraste saisissant entre les steppes et le relief.

Une fois lancés sur nos deux roues nous n’avions qu'une idée : avancer. Notre plus fidèle ami et notre pire ennemi durant cette traversée fut le vent, il nous est apparu parfois léger et agréable et d'autres fois sacrement violent, n’hésitant pas à emporter le sable. 
Le soleil aussi était là et le côté désertique est apparu rapidement. 
Nous croisions de nombreux lits de rivière mais pas une seule goutte d'eau. 
Le premier soir, nous avons décidé de nous en approprier un et d'y nicher. 
Nous faisions en moyenne 80 km par jour sur une route parfaitement lisse et dont la fréquentation était raisonnable.
Les 2 premiers jours nous avions l'impression que la route se déroulait sous nos roues comme sur un tapis de course, les steppes! 
Puis, quelques kilomètres avant la première ville, Darvi, qui se trouve à 134 km d'Altai, des couleurs verdâtres et des collines sont apparues et bien sûr qui dit végétation dit bétail et donc des bergers. Alors nous nous étions arrêtés pour nous installer pour passer la nuit, un berger, Дaвгa est venu dans notre direction afin de nous saluer "Sain baina uu". On s’est aperçu qu'il campait avec son fils, Бямбaдopж, près de son troupeau un peu plus loin. Il nous a gentiment invités à planter la tente près de la sienne. Nous essayions de communiquer grâce à notre livre anglais-mongole mais difficile de maîtriser la prononciation. Nous avons fini par partager un repas, un mélange de quinoa que nous avons emporté de Genève et du mouton bien frais et bien soutenu de son troupeau. 
Durant la suite de notre traversée, nous avons aussi rencontré deux Sud-Africains qui tentaient de battre le record du monde de la plus longue traversée en jouant au golf !
Ils tiennent d’ailleurs un compte Instagram « The Longest Hole »
Ils avaient entendus parler de nous, deux Suisses à vélo, par des touristes en camping-car qui nous avaient donné à boire quelques jours auparavant car manquant d’eau nous étions forcés d’arrêter les voitures pour pouvoir avoir de quoi nous déshydrater.
Entre chameaux et moustiques, nous avons continué de pédaler et le paysage a changé. Le désert a fait place à des montagnes plus escarpées, imposantes et rocheuses et la chaleur est montée en flèche. Nous avons pour la première et la dernière fois rencontré, sur cette traversée, une vraie rivière. Et là : baignade obligée et fort bienvenue. Après 7 jours de voyage nous avons découvert Khovd en contre-bas. La descente sur la ville a été très impressionnante et fort agréable, nous permettant de nous rafraichir car nous avions une bonne montée dans les pattes.

Nous partagions alors sans le savoir nos derniers moments ensemble. Mais cela est une autre histoire. A suivre.