Départ de l'un pour nouvelle aventure de l’autre

Après une bonne douche bien méritée et un peu de repos, nous sortons de notre chambre d’hôtel. En trainant dans le couloir afin d’avoir un peu de wifi pour donner des nouvelles, nous faisons la rencontre d’une femme artisane kazakh, qui vend des sacs fait mains. Nous échangeons nos numéros et décidons de nous revoir le lendemain. Quelle aubaine !

C’est elle et son frère qui vient nous chercher le matin et nous emmène dans leur maison, là où se trouve leur atelier. Nous sommes tout de suite frappés par la différence de traitement entre l’accueil de cette famille et celui de chez les femmes d’Altai : sans attendre un instant, ils essaient de nous vendre leurs produits et se montrent parfois insistants. Ils ne semblent pas intéressés à partager leur savoir-faire mais seulement à gagner de l’argent. Le frère veut nous emmener faire un tour pour touristes dont le prix est exorbitant. Nous tentons néanmoins de savoir s’ils connaissaient une autre artisane kazakhe du nom de Mairagul, c’est le cas et ils nous amènent à sa yourte.

L’intérieur est recouverte de tissus typiques kazakhs particulièrement colorés. Ses filles sont en train de préparer des pâtes, pendant que la maman s’attelle à la couture de sacs.

De retour à l’hôtel, Christophe reçoit alors un appel de la suisse. Un entretien pour son immigration au Canada, où il va étudier, l’oblige à rentrer.

Christophe parti, je me retrouve seule au milieu de cet immense pays. Je repense à une phrase du livre qui a occupé mes dernières nuits sous tente « On voyage pour que les choses surviennent et changent, sans quoi on resterait chez soi ». Je respire un grand coup et je remercie intérieurement Nicolas Bouvier et je suis sûre alors qu’une nouvelle aventure est en train de s’ouvrir à moi. Que ce départ est peut-être une chance et que je dois la saisir. Je reprends mon vélo pleine d’énergie et longe la grande rivière : la nature est magnifique avec beaucoup d’arbres et d’herbes. Plus j’avance vers le nord, plus la végétation se raréfie et le paysage devient désertique, il fait extrêmement chaud et le sable m’empêche d’avancer.

J’ai horriblement soif et à cause du vent ma bouche me fait souffrir. Je m’arrête dans chaque village pour demander à boire, mais cela ne suffit pas, à grand coup de beurre de carité je parviens à garder mes lèvres et ma peau du visage plus ou moins hydratée, afin d’être toujours capable de sourire !

Après un grand nombre de kilomètres, je croise une voiture qui me dissuade de continuer ma route qui est de très mauvaise qualité sur les prochaines centaines de kilomètres. J’hésite, mais, seule, je préfère rejoindre le village le plus proche et entame la conversation avec une vieille femme mongole. Elle ne parle pas anglais alors nous nous débrouillons avec les mains. Dans son épicerie elle partage une pastèque qu’elle a cultivé. Ça fait un bien fou de s’asseoir un moment.

Je remonte à vélo et retourne à Khovd et m’enquière alors des horaires des prochains bus. Ils sont tous pleins, mais le conducteur accepte de m’installer au milieu du bus sur une chaise de camping. J’ai décidé de rejoindre Altai.

La nuit est tombée quand j’arrive, les passagers sortent du bus et viennent m’observer, certains m’aident à descendre mon vélo du bus. 

Il est tard, il fait déjà nuit. Je sors alors mon téléphone et appelle Altaituya que nous avions rencontré avec Christophe et je lui demande si je peux dormir dans l’atelier. C’est ainsi que je m’installe dans l’atelier. Le lendemain, je retrouve les femmes que j'avais déjà croisées.