Le retour à la vie urbaine

Après ces paysages naturellement magnifiques au bord de la mer, ce sont de grands changements qui m’attendent en arrivant à Medellin, deuxième métropole colombienne avec 3 millions d'habitants, au milieu des montagnes.  

Premièrement, le climat. Je peux enfin me promener sans transpirer sans arrêt!! Il fait même un peu froid, vu que la saison des pluies pointe le bout de son nez. Ensuite, en entrant dans la ville, je me fais la réflexion qu'il y a beaucoup plus de touristes car je vois énormément de personnes au teint clair. Cependant, ce sont bien des Colombiens d’origine que je vois autour de moi, c'est simplement que j'étais habituée à une population très foncée avec origines africaines sur la côte caraïbe. Ici, il y en a même quelques-uns avec les yeux clairs et les cheveux roux. Cela n'empêche pas le fait qu’on nous siffle -Carine et moi-, complimente et demande continuellement d’offrir nos beaux yeux clairs.
Je loge avec mon amie Carine chez une Colombienne de classe moyenne, dans le quartier animé de Belen. Cela fait un mois exactement que je n'ai pas été dans un appartement de cette propreté, que je n'ai pas pris de douche chaude, que je n'ai pas enfilé de jeans, que je n’ai pas dormi dans une chambre avec une température naturelle agréable… Sensations bizarres et sentiments partagés, en particulier lorsque nous faisons un peu de shopping dans un centre commercial. J’ai l’impression de trahir mon moi qui a été enchanté par la simplicité et beauté de la nature de la Guajira, en retournant dans la société de consommation des villes, celle qui ressemble à ma vie en Suisse…

Vendredi 2 septembre, Carine m’emmène dans l’association où elle fait son stage. Là-bas sont pris en charge des enfants qui travaillent dans la rue. On leur offre une scolarisation, les repas de midi et même les dépenses pour le billet de bus! C’est encore une autre « classe » d’enfants que celle dont je me suis occupé à Ibagué, il y a par exemple des bagarres où la violence est maîtresse tous les quarts d’heure… Vers 16h, nous sortons et flânons au milieu du marché de fruits et légumes et de viande, puis des boutiques de chaussures de marques, d’outils de toutes sortes, de pièces électroniques récupérés dans de vieux appareils et des vêtements seconde main -qui font notre bonheur!-. Elle me montre aussi l’université et ses alentours. C’est un autre monde ! Il y a une place très design, très moderne et sans déchets partout. Sur le chemin, j’ai pu voir le graffiti que vous voyez sur une des photos jointes, et il m’a interpellé; l’éducation, voilà la chose qu’il faut régler si l’on veut résoudre la plupart des conflits dans une société. 

Samedi, c’est parti pour une balade en montagne dans le Parque Arvi. Nous prenons le télécâble d’où nous pouvons profiter d’une vue extraordinaire sur la ville. C’est impressionnant de se dire qu’on peut se faire une escapade en montagne, dans la nature, juste au-dessus d’une ville de plusieurs millions d’habitants ! Dans le parc, il y plusieurs touristes colombiens de Bogota. On y découvre un joli marché artisanal et un accrobranche plutôt difficile… enfin en tout cas plus que ce que nous imaginions ! Les Colombiens sont apparemment plus sportifs que ce je pensais jusque-là! Nous retournons au centre-ville pour aller dans un autre marché artisanal. La ville bouillonne en ce premier samedi du mois. Chaque parcelle de goudron ou herbe libre, qu’elle soit au milieu de la route ou sur un trottoir, est exploitée par les vendeurs de rue. On y trouve de tout, des chaussures aux fruits en passant par les livres, dvd -pornographiques entre autres…- et chaussettes. On passe dans une rue qui s’avère être un lieu de rencontre pour les prostituées. On presse le pas, pour arriver sur la Plaza Bolivar. Les bijoux restent l’artisanat principal qui s’y vend, mais je découvre aussi d’autres pièces très jolies, comme des petites boites en tissu, des cartes et aimants, tout hecho a mano (fait à main). 

Le soir, nous sortons dans le quartier du Poblado, qui est le quartier où vont principalement les touristes car le niveau de vie y est plus élevé et la sécurité donc meilleure. Le shot des lieux s’appelle, en fonction des bars, Cocaina rosa ou Pablo Escobar et est constitué de vodka servie avec un bout de citron trempé dans du sucre et du café. Rien à voir avec la cocaïne donc! Je suis impressionnée par le nombre de discothèques et bars qui s’enchaînent dans un seul quartier. Il y a tellement de gens qu’il nous faut faire la file pendant 30 minutes pour prendre un taxi, lorsqu’est arrivée l’heure de rentrer. 

Dimanche, escapade à Guatapé et Piedra del Peñol. La vue est imprenable, nous en sommes émerveillées ! (cf photos) Nous rentrons terriblement épuisées, après un weekend plein d’aventures et d’émotions. C’est ainsi que je plie à nouveau bagages. Ici à Medellin, j’ai fait l’expérience d’une autre immensité et cette fois, c’est l’homme qui est roi.