De la cité perdue au bout du continent

Mercredi 24 août, je me trouvais au départ du trek de la cité perdue. Ce fut l'aventure comme jamais je ne l'avais vécue. Ce tour est une marche de 40km aller-retour jusqu'à la Ciudad Perdida (cité perdue) des indigènes dans le Parc naturel national de Tayrona. 
 

Dès les premiers pas, nous étions en nage, car il nous fallait grimper un chemin caillouteux sous le soleil brûlant (45 degrés !). Cependant, une belle récompense nous attendait au camp: une magnifique piscine naturelle dans la rivière, bordée de rochers d'où l'on pouvait sauter.

Le deuxième jour, nous avons pénétré dans la forêt tropicale humide, qui porte bien son nom vu qu'il a plu tout l'après-midi. C'est le troisième jour qui nous a permis de découvrir la Ciudad Perdida. Les terrasses où vivaient anciennement les indigènes sont maintenant dédiées à un rite de purification durant le mois de septembre. Nous avons eu l'occasion de parler au chaman des "Kogis" qui nous a vendus des bracelets de sécurité... La fraîcheur du matin était agréable, mais a vite été remplacée par un déluge en après-midi. Je ne pensais pas qu'il était possible qu'il pleuve tant ! Mes pieds étaient restés au sec le jour précédent, mais ce jour-là rien ne put échapper à la pluie. Le dernier jour fut difficile car nous étions fatigués, tout était mouillé et la plupart n'avait en tête que l'arrivée. Je me suis quand même arrêtée quelques fois, prise de court par la beauté du paysage, au milieu de la "Sierra Nevada de Santa Marta". Malheureusement, plusieurs personnes ont été malades et je n'ai pas pu échappé à ce sort... Par chance, mon estomac ne s'est fait sentir seulement après le trek. Je vous passerai des détails !

J'ai beaucoup aimé ce tour malgré sa difficulté et c'était presque plus éprouvant psychologiquement que physiquement. Le matin, il faut enfiler ses habits encore trempés de la veille car rien ne sèche. Et puis, quand c'est mouillé, cela commence à sentir... la mort ! Le dernier jour, je n'ai pas pu enfiler ma brassière de sport tellement l'odeur était repoussante! Même après avoir lavé mes affaires à Palomino, petit village où je suis allée me reposer après, l'odeur me poursuit...

Lundi 29 août, dépaysement ! Je pars pour l'endroit le plus au nord du continent d'Amérique du Sud. C'est le désert. Il est presque obligatoire d'y aller avec une agence car c'est très difficile d'accès. Nous sommes dans le département de la Guajira, un des plus pauvres de la Colombie. Nous nous éloignons peu à peu de la civilisation. L'eau se fait très rare. Il n'y a plus de route goudronnée. C'est alors que les "péages" commencent. Les enfants wayuus (noms des habitants/indigènes de la région) tendent des fils pour bloquer les voitures. Il faut payer en biscuits. Certains sont plus demandeurs que d'autres et lorsqu'ils mendient de l'eau et que nous devons refuser, nous nous rendons bien compte de la gravité de leur condition.

Nous arrivons à Cabo de la Vela où nous allons visiter deux plages et assistons au coucher du soleil depuis le phare. Le lendemain, il nous faut quatre heures de jeep sur des chemins à peine tracé et très tortueux pour atteindre la plus belle plage du pays, derrière la dune de Taroa. Nous dégustons le bain dans la mer... C'est sans mot.

Nous poursuivons jusqu'au point le plus au nord... Enfin, j'y suis arrivée ! C'est un moment que j'attendais depuis longtemps.

L'immensité et la pureté des paysages me coupent le souffle. Beaucoup d'émotions, une certaine sérénité s'installe en moi, mais est troublée par la pauvreté que nous voyons. Des paradoxes qui me plongent en réflexion, dans un endroit où la nature est reine.

Nous devons finalement nous couper de ce petit -immense plutôt- paradis naturel et retourner à Riohacha. Ainsi, je finis mon parcours de la côte caraïbe, la tête remplie d'images, d'émotions mais aussi de questions...