Samedi 4 juin, grand départ!

Comité d'accueil pour le départ, et escorte jusqu'à mon étape du soir, à Orbe. On charge tout, Azia semble perdue sous toutes ces sacoches! Elle bronche un peu au début, mais s'habitue vite et marche d'un bon pas. Si elle savait tous les kilomètres qui nous attendent...

Le chemin se passe sans encombres, beaucoup de béton, quelques détours dans la plaine entre Orbe et Chavornay (les voies de trains se trouvent toujours en travers de notre route), une passerelle pour traverser le canal qui demande un grand self-control. Azia me montre là qu'elle me fait déjà confiance, cela fait chaud au coeur!

Pour ma part j'arrive à mon étape du soir, accueillie grandement. Box, foin et aliment pour Madame, apéro, grillades, digestifs maison et nuit au chaud pour moi, l'aventure commence ;-)

Etape du soir de la deuxième journée à Ballaigues, chez un ami. De belles forêts durant la journée, des rencontres sympa et une jolie soirée avec bon repas, grand parc pour Azia et nuit au chaud.

Des jolies paysages, et un cheminent paisible pour ce troisième jour. Un peu moins en fin de journée; nous devons emprunter le bord de route, impossible de trouver un parc pour passer la nuit. On démarre la montée face au château de Joux, l'heure avance. On trouve un endroit plus ou moins plat. L'idée d'attacher Azia pour la nuit ne me plaît pas, je sais qu'elle gère mal les prises de longe. Ma foi, pas le choix! J'installe le campement, m'apprête à me faire à manger et... Ça ne manque pas. Quelque chose lui fait peur, elle se prend dans sa corde, se couche sur un caillou. J'assiste, impuissante et m'en voulant terriblement. Elle arrive à se détacher, je la rattrape et inspecte les dégâts. Des coupures aux postérieurs, mais rien qui ne semble trop sérieux. Je resterai le reste de la nuit à la tenir, il faudra faire attention aux points d'attache la prochaine fois.

Après un jour de pause, nous repartons en direction d'Arc sous Cicon. On se fait rincer par une belle averse durant la journée. Arrivée à Arc, je demande à un agriculteur pour un parc. Il m'offre une écurie, une place dans la grange pour ma tente et de me joindre à eux pour souper, une belle soirée! Et avec les orages de la nuit, je suis bien contente que nous soyons au sec.

Beaucoup de route la journée suivante, des détours aussi. Le camp militaire de Valdahon se trouve pile sur ma route, et impossible de passer au travers, il faut le contourner. Heureusement je passe une jolie soirée chez des contacts que j'avais depuis la Suisse.

Enfin un peu de soleil! Une jument plus calme, elle commence à comprendre la chose. Je fais mon étape du soir dans un champ qu'un agriculteur a bien voulu me prêter. C'est mon premier repas sur réchaud! Il pleuvra toute la nuit, rendant le départ du matin compliqué, ma foi, on ne choisit pas la météo!

Mes parents viennent me trouver pour une nuit en bungalow et un bon souper. Cela fait du bien après une grosse étape et de la pluie, toujours.

Après un repérage avec les parents, je prévois de passer la nuit dans un poney-club. Je laisse toutes mes bagages sur place et nous voyageons léger. Cela nous donne l'occasion de faire un galop, qui fait du bien au moral pour les deux! Nuit au sec et re-motivée et reprendre la route le lendemain!

Un accident est toujours bête vous dites? Je ne vais pas vous contredire!

Je démarre donc la journée le moral au beau fixe, l'équipement encore humide, mais je commence à m'y faire. Je profite d'aller faire encore deux-trois courses à l'intermarché.

Il pleut, je fixe donc mon poncho par dessus toutes mes affaires, comme je l'ai déjà fait plus d'une fois. Nous sortons de Villersexel. Je sais que je dois prendre une grande départementale en direction de Lure. J'ai 1,5kile à y faire, avant de rejoindre une petite route. Le bas côté est large, la vision bien dégagée, je m'engage sans trop de soucis. Mais - parce qu'il y a toujours un mais - après 600m, un camion passe un peu vite, créant un appel d'air qui soulève le poncho. Panique à bord. Azia part au galop, le poncho s'envole d'autant plus. Elle me traine de l'autre côté, saute le fossé qui mène à un terrain vague. Je me couche dans le talus, et me relève pour la voir partir au galop paniquée, le chargement giclant dans tous les sens. Elle resaute sur la route, par bonheur il n'y a pas de trafique. Je lui cours après, ramassant les affaires tombées par-ci, par-là. Un groupe de motards me dépasse au pas, au loin Azia, toujours au galop, perd l'équilibre et se couche sur la route. Elle se relève et reste plantée sur place. Un des motards arrive à l'attraper. La selle a tourné, la jument est blessée. Je rejoins les motards, un d'eux m'aide à enlever tout l'équipement, je les remercie et ils me laissent. De nouveau des blessures aux jambes qui ne semblent pas trop graves, elle s'est mordue la lèvre cela semble assez profond...

Mais surtout elle s'est râpée au niveau du passage du tapis de selle. Les blessures dans leur ensemble ne sont pas graves, elle se porte bien mais cette blessure rend tout chargement impossible.

Me voila dépitée sur un bord de départementale, la jument au licol, mon matos à mes pieds. Une gentille dame s'arrête, elle a tout vu. Elle va chercher pour moi le maire du village de Moimay, qui a un elevage de chevaux. Celui-ci arrive avec un van, on peut charger la jument et le matériel. Je peux installer Azia dans un box et m'occuper de ses blessures.

Je peux rester sur place le temps de trouver une solution pour Azia. Des gens très gentils, qui m'offrent gîte et couvert! Cela fait du bien dans ma situation de tomber sur des gens comme eux.

J'organise avec mes parents un rapatriement sur la Suisse pour le lendemain. Je vais laisser à Azia quelques jours de repos, qui vont me permettre de réfléchir à la suite. Je ne peux plus mettre sa selle, même un bât semble inenvisageable. Après contrôle véto, il resort qu'Azia a une entorse, elle doit se reposer et ne pas repartir sur des grosses distances avant plusieurs mois...

Je suis vraiment déçue d'avoir eu ce pépin qui remet tout en cause...Je ne veux pas abandonner mon projet, mais comme je l'ai toujours dit, la santé de ma jument passe avant tout. Une aventure ne se passe pas toujours comme prévu et il faut savoir l'accepter, aussi difficile soit-il.