douceur et lassitude

les matins sont si doux
brume et odeur de pain
les délicates routines
le temps n'a pas faim

Depuis deux semaines qui sont passée plus vite que l'été, je me suis adaptée à la douceur de lézarder plus qu'il n'en faut pour un reptile.
À Hanoï, j'ai opté pour ces petits tabourets en plastique, dans l'agitation du trafic et mes yeux se sont baladés sur l'intéressante foule qui se pressaient face à moi. Sur leurs motocyclettes, on trouve de tout, des sacs de glace à des cages d'oiseaux en passant même par 5 personnes et le chien à l'avant. Concentrés, ils se faufilent à travers l'essaim qui se ruent erratiquement dans toutes les directions. En montant sur un taxi-scooter, je me suis fascinée par cette organisation improbable du trafic.
Comme moi, un vieil homme assis là observait, et s'est autorisé une sieste, allongé sur sa bécane. Les femmes ici sont très puissantes, la force motrice de la société pendant que les hommes attendent que la journée passe dans un petit café, la cigarette collée aux lèvres.

Au bord du lac Hoan Kiem, je regardais la douceur de l'eau qui contrastait avec le son incessant des klaxons que j'adore.


Plus tard, je suis allée retrouver un ami au sud. Quelle douceur de se prélasser au bord de la rivière, de transformer une sortie au restaurant par une longue journée à regarder le temps passer et finir par oublier qu'il existe. Il m'a expliqué qu'ici, beaucoup de personnes décident volontairement de travailler peu ou pas du tout, pour pouvoir vivre tranquillement, avec le minimum nécessaire. Ce n'est pas une fatalité mais une joie pour beaucoup d'être dans une simplicité absolue. J'ai trouvé cette philosophie extraordinaire. À l'encontre de ce dont la majorité aspire, dans un monde où l'argent est trop souvent synonyme de bonheur.